Annabel Aoun Blanco, d'origine Libano - Vénézuelienne, est née à Paris.
Elle vit et travaille à Paris.

Dans les dispositifs photographiques qu’elle met en place, quels que soient les matériaux utilisés (eau, liquide opaque, buée sur verre, matière solidifiée…), elle fait en sorte que le modèle humain ne soit plus en mesure de contrôler son image.
Les contraintes qu’imposent les matériaux, le processus d’immersion, lui enlèvent la possibilité de se projeter tel qu’il désire être représenté, ou tel qu’il pense qu’il apparaîtra.
Certes, ceux-ci participent à la construction esthétique la plus visible de l’image, mais ils participent aussi à un conditionnement psychique du modèle pendant la prise de vue. Pour obtenir ce résultat elle utilise des matériaux qui agissent selon une double dynamique.

Pour que « l’au-delà » des êtres émerge, cet entre-deux mondes où se révèle autant la vie que quelque chose d’inquiétant qui nous échappe, il lui a semblé qu’elle ne pouvait pas s’appuyer sur le rapport classique de valorisation réciproque auquel photographe et modèle se prêtent généralement. Le narcissisme inhérent à notre condition se nourrit d’apparence. Immerger les corps et les visages, les fragmenter, les envelopper, lui permettent de façon paradoxale de détourner cette apparence, la faire régresser ou au contraire avancer jusqu’à un point de bascule inconnu du modèle comme d’elle même.
Annabel AOUN BLANCO
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