"Mon travail met en évidence les rapports entre peinture et cinéma, à travers le cadrage, la lumière, et l’allégorie de la fenêtre ouverte sur le monde.

Je m’intéresse aux questions de peintre comme celles que se pose Antonioni dans "Blow up", en cherchant à recréer la réalité sous forme abstraite; aux questions de regards chez Hitchcock, et à la place prépondérante de la fenêtre dans la peinture.

Mon travail invite le spectateur à revivre physiquement l’atmosphère interne du film sans la notion de temps liée au cinéma.

Voir et créer, approcher la réalité et en former l'image sont des problèmes de peintre autant que de cinéma. Hitchcock fait de sa caméra l’œil du spectateur et joue sur le rôle du narrateur.
C'est le cadrage qui devient la fenêtre. Les scènes d'intimité volées du film sont autant d'écrans, de films, de tranches de vies que des tableaux.
Je me suis attachée à ne représenter que le point de vue de James Stewart, car "Fenêtre sur cour" est un film de regards, celui du réalisateur, celui du spectateur, celui du protagoniste.
James Stewart dans son fauteuil est une projection d'Alfred Hitchcock dans le sien qui dirige le film.

Selon Paul Valéry " Une œuvre d'art devrait toujours nous apprendre que nous n'avons pas vu ce que nous voyons", c'est ce que la peinture dévoile.
Beaucoup de peintres comme Degas ont emprunté à la photographie. Ma peinture vole des images cinématographiques."


Aurélie Bauer (à propos de "Fenêtre sur cour")
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